Les syndicats des métiers du bâtiment du Canada demandent au gouvernement fédéral de prolonger jusqu'au printemps 2027 les mesures d'allègement temporaires actuelles liées aux droits de douane américains injustes imposés à divers secteurs industriels, notamment l'acier, l'aluminium et l'automobile, ou jusqu'à ce qu'un accord équitable soit conclu entre le Canada et les États-Unis.
Les conséquences de cette guerre commerciale ne se font pas sentir dans les salles de réunion, mais autour des tables de cuisine. Les droits de douane perturbent les chaînes d’approvisionnement, mettent en péril des emplois bien rémunérés de la classe moyenne et sont source d’incertitude pour les artisans et leurs familles. Les travailleurs subissent les conséquences de décisions prises loin de leur lieu de travail, et ils ont besoin que les gouvernements interviennent pour leur apporter un soutien adéquat.
“ On ne devrait pas demander aux travailleurs de payer de leur poche les conséquences de l'incertitude politique et commerciale, qui échappe à leur contrôle ”,” a déclaré Sean Strickland, directeur général des syndicats des métiers du bâtiment du Canada. “ Les répercussions de ces droits de douane vont bien au-delà du chantier. Il est nécessaire de prolonger ces mesures d'allègement temporaires jusqu'au printemps 2027, ou jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé, pour offrir aux travailleurs, aux employeurs et aux collectivités la sécurité dont ils ont besoin. ”
Ces mesures d'assurance chômage temporaires destinées aux travailleurs touchés par les droits de douane comprennent : la suppression du délai d'attente d'une semaine pour que les demandeurs puissent toucher leurs indemnités tout de suite ; la suspension de la prise en compte des indemnités de licenciement pour que celles-ci ne retardent pas l'accès à l'assurance chômage ; et l'octroi de 20 semaines supplémentaires d'indemnités pour les travailleurs ayant une longue ancienneté qui ont besoin de plus de temps pour retrouver un emploi.
Même si la CBTU garde l'espoir que le Canada et les États-Unis parviennent à un accord concret et durable, les travailleurs et les employeurs ont besoin de stabilité en attendant. Le gouvernement fédéral doit s'attacher à renforcer les chaînes d'approvisionnement nationales, à protéger les emplois canadiens et à veiller à ce que les grands projets d'infrastructure, industriels et énergétiques avancent de manière réfléchie, coordonnée et rapide.
Ces projets doivent être planifiés et menés de manière à maximiser les opportunités d’emploi pour les travailleurs canadiens et à tirer pleinement parti de la main-d’œuvre et de l’expertise canadiennes. Cela devrait passer par une coordination renforcée grâce à des mécanismes tels que le Comité de coordination de l’offre de main-d’œuvre recommandé par la CBTU. En harmonisant les calendriers des projets, la disponibilité de la main-d’œuvre, la formation et la mobilité, ce comité peut contribuer à garantir que le Canada soit prêt à mener à bien les projets dont il a besoin, tout en donnant la priorité aux artisans canadiens qui ont été mis à l’écart à cause des droits de douane. Cette approche aidera le Canada à renforcer ses capacités nationales, à soutenir les travailleurs et les communautés, et à consolider notre résilience économique et notre souveraineté nationale.
En attendant qu'un accord à long terme soit conclu, les syndicats des métiers du bâtiment du Canada demandent au gouvernement fédéral de prolonger les mesures d'aide temporaires et d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour soutenir les travailleurs canadiens, les industriels et les ouvriers qualifiés qui construisent, entretiennent et font tourner l'économie industrielle du pays.